Le dimanche 6 avril 2025, à l’appel d’Alexandre Jardin, écrivain et cinéaste, initiateur du mouvement « Les #Gueux », et de la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), plusieurs rassemblements de motards et d’usagers de la route se sont tenus dans toute la France pour demander la suppression des ZFE (Zones à Faible Emission). A Paris, de nombreuses prises de paroles d’associations et d’élus se sont succédé pour demander la suppression des ZFE. Extraits…
Nathalie Troussard, Déléguée Générale de la Ligue de Défense des Conducteurs – Notre pétition pour la suspension des ZFE a déjà recueilli plus de 300.000 signatures. Nous continuons à dénoncer cette grande cacophonie à laquelle personne ne comprend rien, sauf une chose : cette mesure est injuste parce qu’elle nous interdit d’aller où on veut en voiture sous l’unique prétexte qu’elle est trop vieille. Cette voiture, pourtant, nous emmène partout : au travail, à l’école pour nos enfants, chez le médecin, au cinéma. […] Aujourd’hui dans les ZFE on nous dit : on ne veut plus de vous […] parce que vous êtes trop pauvres pour changer de voiture. […] Bien sûr qu’on veut respirer tous respirer un air meilleur, mais les ZFE n’ont jamais été une bonne solution pour cela, car leur principe repose sur l’exclusion et, cela, c’est intolérable !
René Hayoun, Président de l’Union Intersyndicale des Entreprises Foraines de France – Les ZFE ont aussi un impact sur la fête foraine. […] Ces manèges, on les transporte avec des véhicules, des camions. Ces camions sont de 2ème ou 3ème main et roulent très peu dans l’année, mais nous devons rentrer dans les villes pour mettre nos manèges, traverser des endroits pour aller d’un point à un autre. Avec la ZFE, on ne pourra plus implanter nos manèges. […] Les forains ne sont pas partie de ceux qui se résignent. […] Aujourd’hui, on ne veut pas mourir et on ne veut pas que nos entreprises disparaissent.
Christophe Eoche-Duval, écrivain – J’ai écrit un livre sur l’inflation normative, donc je connais bien le sujet [des ZFE]. Le mariage du technocratisme et de l’écologisme, çà donne des usines à gaz […], cela donne des textes et des normes qui viennent d’en haut et dont on ne comprend plus rien […]. La Liberté conquise en 1989, c’est la liberté d’aller et venir avec le moyen de locomotion que mon pouvoir d’achat me permet d’avoir, pour aller où j’ai envie d’aller : aux services publics qui ne sont plus qu’en ville, chez les médecins qui ne sont plus qu’en ville, pour aller aux loisirs en ville auxquels j’ai droit […]. Liberté, Egalité, Fraternité… et abrogation [des ZFE] !
Thierry Veron, Président de la Fédération des Associations de Commerçants et Artisans de Paris – On a des clients qui viennent de banlieue et qui ne peuvent plus venir sur Paris. Les artisans, les livreurs, les professionnels du quotidien doivent changer leurs véhicules mais n’en n’ont pas les moyens car le remplacement d’un moteur thermique par un électrique est beaucoup plus coûteux. Il faut continuer à se mobiliser pour arrêter tout cela.
Gilles Sabatier, maire de Breuil sur Couze et Vice-Président de l’Agglomération des Pays d’Issoire en charge des Mobilités – Merci d’avoir soulevé le grave problème des Zones à Faible Emission. […] Je suis le maire d’une commune de 1200 habitants du sud du Puy de Dôme et Vice-Président d’une collectivité de 87 communes. Je représente tous les gueux et les sans-dents méprisés par l’Etat central. Ma commune est à 5 heures de Paris, très peu accessible par le train qui est souvent en panne, rarement à l’heure et avec des horaires inadaptés, des tarifs exorbitants hors de portée de notre population rurale. Pour venir [à Paris], j’aurais dû débourser à l’aller et au retour 150 euros : imaginez [pour] des gens qui gagnent moins de 1000 euros par mois ! […] Il s’avère qu’une véritable politique de mobilité dans nos zones rurales est vitale et conditionne la survie de nos communes. [Or,] le transport collectif, financé sur la masse salariale des entreprises, ne nous permet pas d’avoir les moyens financiers pour mettre en place le transport collectif nécessaire dans nos territoires ruraux.
Xavier Bertrand, Président de la région des Hauts de France – En 2021, javais indiqué que [les ZFE étaient] une bombe à retardement sociale, parce qu’il y avait des gens qui ne pouvaient pas changer de voiture, de moto, des artisans qui ne pouvaient pas changer de fourgon pour aller en centre ville. […] Cette semaine à l’Assemblée il y aura un amendement et cette manifestation de force, qui est une manifestation pacifique avec des gens de tous horizons, çà permet aussi de dire très clairement de ce que les gens ne veulent plus. […] Dans ma région, il y a beaucoup plus de villes qui devaient appliquer les ZFE ; je me suis battu en expliquant pourquoi il ne fallait pas ces ZFE. […] On ne peut pas être dans une société où ceux qui sont dans la ruralité ou dans les banlieues sont considérés comme des citoyens de seconde zone et n’ont pas le droit de rentrer dans le coeur des villes.
[…] La Fraternité, si on veut la retrouver dans ce pays, il serait temps de penser à tout le monde et de n’exclure personne.
Alexandre Jardin, écrivain et cinéaste – Cette semaine, l’Assemblée Nationale se décidera [sur l’amendement de suppression des ZFE]. Si, par folie c’était non, je voulais juste vous dire qu’on allait se revoir tous bientôt : on se reverra avec les paysans, avec toutes les professions. Il n’est même pas question de vivre dans un pays de ségrégation, d’exclusion de la ruralité, d’exclusion des plus pauvres. Donc, j’espère que cela se passera bien !
Jean-Marc Belotti, coordinateur de la FFMC Paris Petite Couronne – Pour continuer le mouvement, on a décidé d’avoir un signe de ralliement, c’est le ruban vert ! […] On accrocherait ces rubans ou ces bouts de chiffons au rétroviseur de nos voitures, de nos motos, de nos camions, etc. En tous cas, toutes celles et ceux qui veulent poursuivre le mouvement, et il faut le faire, accrochez votre ruban vert quelque part !



