Le média Tocsin recevait le 27 mars 2025 :
- Alexandre Jardin (AJ), auteur du livre « Les #Gueux » pour supprimer les Zones à Faible Emission (ZFE) aux éditions Michel Lafon,
- Jean-Marc Belotti (JMB), coordinateur de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de Paris et Petite Couronne (PPC),
- René Hayoun (RH), président de l’association de défense des droits forains.
Plusieurs moment importants ressortent de cet échange…
JMB- Ce qui est étonnant c’est que, nous motards, on se bat depuis le tout début de ces Zones [ZFE], depuis 2010 […]. Ca s’appelait à l’époque ZAPA, Zone d’Action Prioritaire de l’Air. Dès que c’est sorti, on a tout de suite alerté sur la problématique sociale. Ensuite, c’est devenu des ZCR, Zones à Circulation Restreinte : ils ont compris que le nom était extrêmement violent et ils ont appelé çà des ZFE.
JMB- Nous, les 2 roues motorisés, on est totalement contre les ZFE. On a en plus une spécificité par rapport aux automobilistes : on ne roule pas au diesel, donc pas de particules fines, nos véhicules consomment très peu (entre 3 et 4 litres aux 100 kms), on est beaucoup plus mobiles… Et on a des vignettes Crit’air pour les 2 roues motorisés. C’est là où c’est complètement hallucinant : un 2 roues motorisés du même modèle avec les mêmes normes, par exemple [mis en circulation] en 2004 et en 2008, celui de 2004 ne pourra pas rouler, celui de 2008 pourra rouler, alors que c’est exactement le même véhicule. Simplement parce que la vignette Crit’air est mise en place par rapport aux années du véhicule et c’est totalement ridicule parce que des véhicules n’ont pas changé de norme entre 2 années !
AJ- C’est pareil pour les voitures ; il y a beaucoup de voitures qui gardent le même bloc moteur. En réalité, çà n’a strictement aucun sens écologique ! Or, c’est sérieux l’écologie. A un moment, il faut travailler sérieusement, mais de manière Républicaine […] sans exclure personne.
RH- Aujourd’hui, les véhicules qu’on va retirer du système de circulation français, on va les exporter ailleurs. Donc, si en France ils polluent, ailleurs ils ne vont pas polluer ?…
AJ- On voit que c’est une attaque frontale contre la France populaire. C’est comme si bobo-land ne voulait plus des prolos, ne voulait plus des ouvriers, ne voulait plus des employés […] On est en train de basculer dans un système où la bureaucratie a le coup de tampon et, à coup de dérogations, a le droit de dire qui a le droit de vivre ou pas. Et, çà, c’est la fin de la République ! […] Cette récolte républicaine soit aussi être portée par le monde des Maires. […] Sur le principe même des ZFE, on est en train de lever une armée de Maires. Si le peuple décide de sortir de ses gonds, il faut que ce soit une révolte Républicaine.
AJ- Moi, je suis écrivain. J’appartiens à cette France dite « d’en haut ». Et tout à coup, je m’aperçois qu’elle est en train de décrocher les wagons. […] Il y a le mépris qui consiste à te cracher à la gueule et le mépris qui consiste à ne même pas te voir, te considérer. […] Il faut qu’un gars qui appartient à leur milieu, qui publie un bouquin, pour que cela passe sur France Inter le matin, pour que cela passe dans les grands médias. […] On ne va jamais lâcher car c’est l’essence de notre pays : la rupture d’Egalité, c’est comme si tout à coup on disait « non, finalement, on va rayer les 3 mots sur les Mairies ». […] Une société qui ne raccroche pas les wagons, c’est une société qui perd sa substance. […] En plus, c’est une société qui va se fâcher avec l’écologie.
RJ- Les politiques ont oublié une chose, c’est qu’ils sont au service du Peuple, mais le Peuple n’est pas à leur service. […] Aujourd’hui on a un problème, il y a des personnes qui ont mal traité la France, on leur redonne des postes et ils continuent à la maltraiter. Et tout le monde doit « fermer sa gueule ». Si un jour il y a une révolution, je pense que ces gens-là, qui sont à un haut niveau, ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes.
AJ- Ces révoltes communes ont pris avec un hashtag : « #Gueux ». Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? Cela veut dire que les gens se sont reconnus dans un mot, qu’on les traitait comme des gueux ! C’est un vieux mot médiéval et, tout à coup, on les renvoie à… des moins que rien !
JMB- Ce qui est fou c’est que, socialement, on a l’impression qu’on a à faire à des gens qui sont totalement hors sol. Je connais à titre personnel des gens qui font de la politique. Je vois comment ils vivent : parfois ils sont de bonne foi, sauf qu’ils sont dans un monde parallèle et ils s’habituent à ce monde parallèle ; ils ne vivent plus comme nous. […] Ils ont perdu le lien avec la base. Les décisions qu’ils peuvent prendre, qui peuvent leur paraître naturelles, ils ne se rendent pas compte que c’est extrêmement impactant pour certaines personnes. […] Car il y a déjà eu une première alerte avec les gilets jaunes : ils n’ont toujours pas compris ! […]. Les élus [nationaux] sont indécrottables et ils ne se sont toujours pas aperçus de ce qui se passait. […] Il y a eu un mouvement populaire qui s’est mis en place et, là, il y a un autre mouvement populaire qui va se mettre en place, car ce n’est pas possible d’assigner une grande partie de la population à résidence.
JMB- Il y a les Français qui se battent et les Français qui se résignent. […] Avec les amis de la Fédération Française des Motards en Colère, on s’est dit qu’il va falloir qu’on se reconnaisse entre ceux qui se battent contre les ZFE : on va prendre un bout de chiffon vert, un ruban vert (puisque c’est la couleur de l’espoir), qu’on va accrocher au rétroviseur […] de leur camion, de leur voiture, de leur moto […]. Un ruban vert pour montrer notre refus de l’assignation à résidence des ZFE et, surtout, notre refus du [mauvais] traitement de la population par [certains] élus. Et nous, les Motards en Colère, nous nous battons depuis 2010 là-dessus et ne sommes pas entendus, alors qu’on ne se bat pas que pour nous, on se bat pour toute la population !
AJ (extrait « Les Gueux »)- Je lance un appel à reconstruire notre Démocratie, afin que nous ne soyons plus jamais dépossédés de nos vies. Notre situation est intenable, aberrante. Nous pouvons la réparer. Nous pouvons remplacer le cercle vicieux par un cercle vertueux avec un message clair : reprenez vos droits ! […] avec le Référendum d’Initiative Citoyenne.
[…] Si on n’a pas de Référendum d’Initiative Citoyenne, on ne pourra pas bloquer les bureaucraties, les partis centralisateurs, les gens hors sol. On a un problème de déconnexion : il faut reconnecter le pays. [Pour que le Peuple] soit entendu, il faut qu’ils aient une possibilité de faire autrement qu’en foutant le bordel dans le pays. Et çà s’appelle : ré-équilibrer la démocratie représentative par de la démocratie directe à la [manière] suisse. […] Il faut que l’exécutif […] soit obligé d’écouter. Or, en Suisse, pourquoi ils écoutent ? parce qu’ils savent qu’ils peuvent prendre dans les dents un référendum.
JMB- On a un vrai problème dans notre système. On le voit aujourd’hui : les prochaines élections sont dans 2 ans. On a à faire à une bonne majorité d’élus qui travaillent d’abord pour eux, pour leur avenir politique, ensuite ils travaillent pour leur parti […] et ensuite, s’il reste un petit peu de place, ils vont travailler pour la population. Et çà, ce n’est plus possible. A un moment il faut arrêter : il faut que ces gens-là se reconnectent et qu’ils considèrent qu’ils ont été élus. Le problème de la « démocrature », qu’est-ce que c’est ? : avant le vote, c’est la démocratie […] ils vous écoutent, ils ouvrent les portes. Une fois que vous avez voté, ils sont seuls à appuyer sur le bouton et, là, ils n’en ont absolument plus rien à faire, quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez. Après le vote, on rentre dans un système de « démocrature ». Et là, ce n’est pas possible. Pour que la Démocratie continue, il faut à un moment donné revoir ce système et, surtout, que ces gens-là arrêtent de travailler pour leur carrière politique […]. Il faut d’abord qu’ils travaillent pour le Peuple.
JMB- Le dimanche 6 avril [2025], il y a une grande mobilisation organisée par la Fédération Française des Motards en Colère, en collaboration avec Les#Gueux et tous ceux qui veulent venir. Les manifestations seront déposées par la Fédération Française des Motards en Colère. On appelle tout le monde, tous les gens qui sont concernés, à nous rejoindre. Il n’y a pas besoin d’être motard. On va faire des rassemblements statiques dans toute la France, pour permettre à tout le monde de nous rejoindre. On ouvre la porte à tout le monde : on n’est pas là pour tirer la couverture à nous, pour récupérer quoi que ce soit.
Sur le site de la FFMC seront notifiées toutes les antennes qui organisent des rassemblements. On sait déjà qu’il y aura Toulouse, Montpellier, Lyon, Paris…
[…] Tout le monde peut venir et tout le monde doit venir. La Démocratie, çà se défend et défendre ses droits c’est déjà un droit, c’est même un devoir ! Il faut absolument se mobiliser contre tout cela.
